Profiter de l’été ensemble : activités adaptées pour une personne vivant avec un trouble neurocognitif
L’été offre une foule d’occasions de partager des moments agréables avec une personne vivant avec un trouble neurocognitif (TNC). Il n’est pas nécessaire d’organiser de grandes sorties ou de prévoir des activités complexes. Un café sur la terrasse, quelques fleurs à arroser, une chanson connue ou une promenade dans le quartier peuvent devenir de belles occasions de bouger, d’échanger et de stimuler les capacités encore présentes.
Les activités adaptées et les activités de stimulation peuvent d’ailleurs s’intégrer très simplement au quotidien. L’important est de choisir une activité qui correspond aux intérêts, aux capacités et à l’énergie de la personne. Et surtout, de garder en tête que l’objectif n’est pas de réussir l’activité, mais d’avoir du plaisir ensemble.
Profiter du jardin… même sans avoir le pouce vert
Arroser les fleurs, cueillir quelques fines herbes, sentir de la lavande, préparer un bouquet ou simplement observer ce qui pousse sont des activités simples qui sollicitent plusieurs sens.
Le jardinage peut également devenir un point de départ pour discuter. On peut demander : Avais-tu un jardin? Qu’est-ce que tu aimais y faire pousser? Quelles étaient tes fleurs préférées?
Il n’est pas nécessaire que la personne se souvienne précisément. Une couleur, une odeur ou une sensation peut suffire à amorcer un échange.
Transformer une simple marche en activité
Une promenade peut devenir bien plus qu’une occasion de bouger. En lui donnant un petit thème, elle permet aussi de stimuler l’attention, le langage, l’observation et les échanges, tout en profitant de l’extérieur.
L’idée est toute simple : choisissez un thème selon les intérêts et les capacités de votre proche.
Une marche en chansons
Chantez ensemble des chansons connues ou fredonnez simplement au rythme de vos pas.
Une marche d’observation
Observez les oiseaux, écoutez leurs chants, cherchez des fleurs de différentes couleurs ou regardez les arbres. Vous pouvez aussi choisir quelque chose à repérer : les chiens, les vélos, les autobus ou même les gens qui portent un chapeau!
Une marche autour des voitures
Commentez les voitures que vous croisez : leurs couleurs, leurs formes ou leurs modèles. Si votre proche a toujours aimé les voitures, profitez-en pour lui demander lesquelles il préfère ou quelles voitures il a déjà conduites.
Une marche pour regarder les maisons
Observez les maisons, les jardins et les balcons. Quelle maison préfères-tu? Aimes-tu cette couleur? Regarde comme ce jardin est beau!
Une marche pour compter
Comptez vos pas jusqu’à 10 ou 20, puis recommencez. Vous pouvez aussi compter le nombre d’enfants que vous croisez, les voitures rouges, les chiens ou les vélos.
Une marche des sens
Portez attention à ce que vous pouvez voir, entendre, sentir ou toucher : le parfum d’une fleur, le chant d’un oiseau, le bruit des feuilles, la chaleur du soleil ou l’écorce d’un arbre.
Il n’est pas nécessaire de poser constamment des questions. Commentez simplement ce que vous voyez et laissez la personne réagir à son rythme. Une même promenade peut ainsi devenir une activité différente chaque jour, simplement en changeant ce que vous choisissez d’observer.
Bouger… tout simplement
L’activité physique n’a pas besoin de prendre la forme d’une séance d’exercices. L’été permet de bouger de façon beaucoup plus spontanée et agréable.
Allez au parc et balancez-vous ensemble quelques minutes. Apportez un ballon léger et lancez-le doucement l’un vers l’autre. Vous pouvez compter les échanges, nommer une couleur à chaque lancer ou simplement essayer de garder le ballon en mouvement. Si la personne est plus à l’aise assise, l’activité peut très bien se faire sur une chaise ou un banc.
Vous pouvez aussi :
faire quelques pas au rythme d’une chanson;
faire rouler un ballon avec les pieds;
lancer une balle dans un panier ou vers une cible;
jouer avec un ballon de plage;
faire des bulles de savon et essayer de les attraper;
arroser les plantes avec un arrosoir;
jouer aux quilles avec quelques bouteilles de plastique;
lancer de petits sacs de fèves vers une cible;
reproduire quelques mouvements simples ensemble;
s’asseoir sur un banc et bouger les bras ou les jambes au rythme de la musique.
Le but n’est pas la performance physique. On cherche simplement à mettre la personne en mouvement tout en créant une interaction agréable. Adaptez toujours l’activité à sa mobilité, à son équilibre et à son niveau d’énergie.
Organiser un petit pique-nique
Pas besoin de partir très loin. Un pique-nique peut avoir lieu dans un parc, dans la cour ou même sur le balcon.
La préparation fait déjà partie de l’activité. On peut proposer à la personne de choisir entre deux boissons, de préparer les serviettes ou de sélectionner une collation.
Profitez-en pour parler des pique-niques d’autrefois, des vacances en famille ou des endroits où elle aimait aller. Encore une fois, l’objectif n’est pas de tester sa mémoire, mais de laisser les souvenirs et la conversation venir naturellement.
Voyager… sans faire ses valises
Les voyages constituent un merveilleux sujet pour stimuler les échanges. Sortez quelques photos, regardez une carte, écoutez de la musique d’un autre pays ou préparez une collation inspirée d’une destination.
Posez des questions qui n’exigent pas nécessairement une bonne réponse : Est-ce que tu aimerais aller là? Qu’est-ce que tu trouves beau sur cette photo? Tu préfères la mer ou la montagne?
Les questions basées sur les goûts et les préférences permettent souvent de participer plus facilement que celles qui demandent de se souvenir d’une information précise.
Ressortir les souvenirs d’été
Les vacances en famille, les baignades, les premières voitures, les chansons entendues à la radio, les fêtes de quartier, les étés au chalet ou les grands événements vécus autrefois peuvent faire émerger de nombreux sujets de conversation.
Regardez ensemble de vieilles photographies ou choisissez quelques objets qui rappellent cette période. Plutôt que de demander « Tu te souviens de qui c’est? », essayez plutôt : « Qu’est-ce que tu remarques sur cette photo? », « Ça a l’air d’une belle journée! » ou « Est-ce que tu aimais aller à la plage? »
Cela enlève la pression de devoir se souvenir et laisse davantage de place au plaisir d’échanger.
Mettre de la musique
La musique est l’une des activités les plus faciles à intégrer au quotidien. Préparez quelques chansons associées à la jeunesse de votre proche, à l’été ou à des souvenirs heureux.
On peut simplement écouter, chanter, taper le rythme ou même danser assis. Une question aussi simple que « Est-ce que tu aimes cette chanson? » peut amorcer une conversation.
Et si les mots deviennent plus difficiles, nul besoin de parler : fredonner ou bouger au rythme de la musique peut déjà créer un beau moment de connexion.
Faire travailler les neurones… sans transformer le moment en examen
Devinettes, associations, jeux de mots, images à observer ou questions de connaissances générales peuvent être agréables, à condition d’adapter le niveau de difficulté.
Donnez des indices, cherchez les réponses ensemble et n’hésitez pas à passer à autre chose si une question devient difficile.
Une activité de dix minutes qui fait sourire vaut beaucoup plus qu’une activité de trente minutes qui crée de la frustration.
Lire ensemble
La lecture peut également devenir une activité à deux. Choisissez un texte court, avec une présentation visuelle claire, et prenez le temps de vous arrêter sur les images ou certains passages.
Vous pouvez commenter ce qui se passe dans l’histoire, demander l’opinion de la personne ou faire des liens avec ses goûts : « Tu aurais aimé visiter cet endroit? », « Quelle voiture préfères-tu? », « Est-ce que tu aimes ces fleurs? »
Il n’est pas nécessaire de terminer le livre. Quelques pages peuvent suffire pour discuter, commenter une illustration ou simplement profiter du moment.
Et quand on manque d’idées?
Il est tout à fait normal de ne pas toujours savoir quoi proposer. Trouver constamment de nouvelles activités, les adapter aux capacités de son proche et avoir le matériel sous la main peut devenir exigeant.
Des outils adaptés peuvent alors servir de point de départ et enlever une partie de cette pression.
C’est dans cet esprit que nous développons les outils Chachacha. Nos recueils d’activités, coffrets thématiques et livres de lecture adaptée proposent différentes façons de stimuler, d’échanger et de passer du temps ensemble. Il n’est pas nécessaire de réaliser une activité complète : une question, une image, un objet ou quelques pages d’un livre peuvent parfois suffire à créer un moment agréable.
Par exemple, un recueil peut être sorti lors d’un après-midi très chaud ou pluvieux, un coffret thématique peut servir à amorcer une conversation autour des voyages ou de la musique, et un livre de lecture adaptée peut accompagner un moment plus calme après une sortie.
L’outil demeure toutefois un point de départ. C’est la façon dont on l’utilise et le moment partagé qui comptent.
Quelques petits rappels pour l’été
Lors des journées chaudes, privilégiez les sorties le matin ou en fin de journée, recherchez les endroits ombragés et pensez à offrir régulièrement de l’eau. La fatigue peut aussi arriver plus rapidement : une courte activité agréable est souvent préférable à une longue activité que l’on souhaite absolument terminer.
Observez les réactions de votre proche et adaptez-vous à son énergie du moment. Certains jours, une promenade de vingt minutes sera appréciée. D’autres jours, s’asseoir dehors avec une limonade et écouter de la musique sera amplement suffisant.
Cet été, privilégiez le moment plutôt que la performance
Avec une personne vivant avec un TNC, une activité n’a pas besoin d’être longue, compliquée ou parfaitement réussie pour avoir de la valeur.
Observez plutôt ce qui se passe : un sourire, une chanson fredonnée, une envie de continuer, une conversation inattendue, un souvenir qui refait surface ou simplement quelques minutes agréables passées ensemble.
Et si l’activité ne fonctionne pas aujourd’hui, ce n’est pas grave. On arrête, on adapte ou on essaie autre chose.
Parce qu’au fond, l’activité est souvent simplement un prétexte pour être ensemble.